Accueil à Marseille d’une délégation des coordinations de sans-papiers (CSP).

mardi 31 mars 2015
par  M.C.

Le Vendredi 20 Mars, au local de la Cimade à Marseille, accueil à Marseille d’une délégation des coordinations de sans-papiers (CSP) de la région parisienne

Compte rendu rédigé par Philippe Chouard

La petite caravane CSP partie de Paris le lundi 16 mars en vue de sensibiliser les militants de plusieurs grandes villes de France et d’Espagne à la question de la libre circulation et de la libre installation en Europe, est arrivée à Marseille le vendredi suivant et comptait se rendre ensuite, pour un certain nombre de ses participants, au Forum Social Mondial de Tunis.
La réunion des 18 membres de la délégation avec un nombre à peu près égal de militants marseillais et des Bouches-du-Rhône (Amoureux au Ban Public, Asti d’Aix-Marseille, Cimade, LDH, NPA, RESF...), s’est déroulée dans une chaleureuse ambiance de 19h à 21h30.
Après une présentation de chacune des personnes présentes, Anzoumane Sissoko - qui avait été un des animateurs de la marche Paris-Nice en mai 2010 - et ses compagnons ont relaté le périple qui les a conduits de Paris à Marseille en passant par Bordeaux puis Madrid et Séville avant de repasser la frontière pour une visite à Perpignan le jeudi 20 mars.
Ils ont partout reçu un excellent accueil, ils avaient projeté un moment d’aller jusqu’à Algésiras en vue d’un rapide aller-retour à Ceuta mais ils n’ont finalement pas voulu tenter le diable, compte tenu du nombre important de sans-papiers composant leur délégation.
Il est à noter que les camarades espagnols sans-papiers qu’ils ont rencontrés se sont étonnés de les voir se déplacer sans crainte dans l’espace Schengen, ils ont en effet une très grande méfiance sur ce point pour ce qui les concerne.
Les débats qui ont suivis, très ouverts, ont principalement porté sur la libre circulation et la libre installation, les CSP regrettant que les associations et les partis de (la vraie) gauche ne prennent pas une position suffisamment claire en la matière ou pas de position du tout. Les militants associatifs locaux ont tous affirmé que leurs organisations soutenaient sans ambigüité ces revendications ; on a évoqué à ce sujet les proclamations très anciennes et très tranchées de la FASTI, le récent séminaire international à Bruxelles sur la liberté de circulation dont la Cimade était coorganisateur et aussi les déclarations de la LDH allant dans le même sens.
Ces mêmes militants ont cependant précisé, notamment ceux de RESF et de l’ASTI, que les urgences répétées (mises en rétention, expulsions de parents d’enfants scolarisés et de jeunes majeurs), la multitude de dossiers à suivre ou constituer pour tous ceux qui peuvent prétendre à un titre de séjour, le tout couplé au faible nombre de personnes qui s’attellent à la tâche, ne laissaient pratiquement plus de temps aux associations pour porter les thèmes précédemment évoqués. Thèmes pourtant considérés comme fondamentaux.
Tout le monde s’est retrouvé, NPA en tête, pour regretter qu’il n’y ait pas de coordination structurée réunissant dans les Bouches-du-Rhône les sans-papiers - lesquels devraient en avoir le contrôle formel - et les diverses organisations qui leur manifestent soutien et solidarité, syndicats compris. Une initiative pour aller dans ce sens, en s’inspirant du modèle parisien, serait particulièrement bienvenue.
La soirée s’est poursuivie autour d’un buffet improvisé et très convivial. Quelques jeunes mineurs étrangers sans domicile sont arrivés tout à la fin de la rencontre par l’entremise de militants RESF, trop tard malheureusement pour échanger avec la délégation parisienne, à temps tout de même pour bénéficier des restes du buffet.
Les participants remercient la Cimade pour son hospitalité, ils remercient aussi Philippe Toniuti qui a pris grand soin de la salle, avant et après la réunion, et qui leur a de plus assuré une plaisante ambiance sonore.