Au Café Non-Violence de Château-Arnoux : l’empathie.

mardi 9 septembre 2014
par  Agnès

Notre café-philo sur les thématiques liés aux relations humaines entame sa deuxième année.

Au cours de l’année écoulée, les thèmes suivants ont été abordés :
- Violence et non-violence
- Écologie et non-violence
- Violences institutionnelles
- Utopies et idéaux
- Langage, communication et conflits
- Les relations humaines
- Conscience et relation

La séance du 26 septembre prochain (au Point-rencontres de Château-Arnoux à 19h) aura pour thème : l’empathie, ses atouts et ses limites.

Voici quelques éléments de réflexion qui pourront alimenter le débat ce jour-là.
L’empathie, ses atouts et ses limites
L’empathie est un élément incontournable des relations humaines. Cette capacité à envisager le point de vue d’autrui permet, à celui qui la met en œuvre, de se décentrer de son point de vue personnel pour pouvoir se remettre en question et évoluer, et à celui qui en bénéficie, de prendre du recul pour se libérer des charges émotionnelles excessives. Quant au lien entre les personnes concernées, il en est renforcé ; car si l’empathie suppose un minimum de confiance réciproque, sa mise en œuvre augmente aussi le niveau de confiance. En situation de conflit, elle permet de mieux se comprendre mutuellement, et donc de rechercher plus facilement des solutions dans lesquelles les besoins de chacun sont pris en compte.
Cependant, même si les humains en tant qu’être sociaux, ont l’empathie inscrite dans les gènes (comme en témoigne la mise en évidence par les neurobiologistes de « neurones miroirs »), l’utilisation de cette capacité n’est pas toujours évidente. Dans certains cas, elle nous semble impossible (notamment quand nous sommes très en colère) ; dans d’autres cas, elle nous semble inefficace ou inappropriée, voire produire des effets inverses à ceux souhaités. C’est pourquoi, il est utile d’en connaître aussi les limites. En effet, l’empathie rapproche les personnes. Or, parfois, par exemple face à un comportement de manipulation, il est nécessaire de garder, voire d’augmenter la distance, pour se protéger. Par ailleurs, être à l’écoute de l’autre peut conduire à oublier son propre point de vue et ses besoins essentiels et aller au-delà de ses limites personnelles physiques et psychiques. L’attitude d’empathie suppose par principe une certaine distance (ce qui la différencie de la sympathie, dans laquelle les personnes vibrent de la même émotion, de manière parfois "fusionnelle") et un minimum de conscience de soi ; mais le dosage de cette distance et de cette réflexivité est d’autant plus difficile que les sollicitations de son interlocuteur sont fortes, ou que la fatigue s’installe. C’est pourquoi, l’usage raisonnable de l’empathie suppose de l’associer à d’autres outils relationnels complémentaires, par exemple :
- la mise en place et la gestion d’un cadre ou de règles relationnelles, clairement exposées, validées en commun, afin de réguler la distance. Cela peut concerner par exemple : l’explicitation des objectifs de chacun dans l’entretien et des contours du sujet abordé, le choix d’un lieu approprié, le droit de dire « stop » à tout moment, la durée de l’échange,...
- l’appel à un tiers, pour que la personne qui offre son empathie de manière régulière ou approfondie ait l’occasion de prendre du recul : supervision ou groupes d’analyse de la pratique pour les professionnels de l’accompagnement, médiateur,...
...

Pour les personnes souhaitant poursuivre cette réflexion, rendez-vous donc à Château-Arnoux le vendredi 26 septembre à 19h (cf document joint présentant le café non-violence).

Pour l’IFMAN-Méditerranée
Guillaume Tixier


Documents joints

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